Qu’est-ce que la Science ?

lundi 20 août 2007
par  Olivier
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ENEP 2007/ Didactique des sciences/ORT

Qu’est-ce la science ?

L’approche historique donne une image de la science, héritière
émancipée [1]
de la philosophie alors maîtresse des savoirs particuliers. En
simplifiant, l’opposition hiérarchique n’est plus de mise car
la science s’intéresse au comment des choses alors que
la philosophie cherche à répondre au pourquoi. A la
question, comment sont advenus les hommes sur la terre ? La réponse
viendra d’une quête scientifique. Cependant si cette question
débute par pourquoi, la réponse serait d’ordre
philosophique ou religieux.


Actuellement a-t-on une définition unique voire unifiée
de la science ? Il en est rien, car ce terme apparaît
polysémique selon les registres d’emploi. Etymologiquement le
mot "science" vient du latin "scienta"
(connaissance) et le verbe "scire" signifie "savoir".
Usuellement la science est confusément élargie à
connaissance. Ce terme peut revêtir la forme synonyme de
savoir-faire que donnent les connaissances. La définition
donnée par le Robert [2]
est plus restrictive : " Ensemble de connaissances, d’études
de valeur universelle, caractérisées par un objet
(domaine) et une méthode déterminés, et fondées
sur des relations objectives vérifiables.
" Cette
définition de la science est intéressante par ce
qu’elle pointe directement trois pôles essentiels :
l’universalité, l’objectivité et la critique.
L’universalité des connaissances produites est un aspect
important car il dépasse le caractère local d’un fait
ou d’une simple observation. L’universalité résulte
d’un fonctionnement de la science basé en partie sur
l’induction.

L’objectivité prend racine sur les faits, sur les expériences
et la reproductibilité des résultats. Elle affranchit
le savoir constitué de toute idéologie ou pensée
subjective.

Le caractère vérifiable mis en exergue dans la
définition fait référence au contrôle et
à la critique. En effet selon Jean Ladrière le
qualificatif de critique indique que la science exerce un
contrôle vigilant sur ses propres démarches et met en
œuvre des critères précis de validation
 [3]
La science est par essence autocritique. Cet auteur introduit le
terme de démarche scientifique ; démarche qui est à
la fois réflexive et prospective. La science se distingue
autant par ses produits (savoirs) que par ses modalités de
fonctionnements ou démarches. La démarche scientifique
confronte une théorie, une réponse possible à un
problème de nature scientifique à l’épreuve du
maniement expérimental ou mental dans le cas des
mathématiques. On pourrait croire ici que la démarche
est basée sur un fonctionnement déductif. Toutefois la
réalité est constituée par une dialectique entre
induction et déduction. L’expérimentation permettrait
par confrontation au réel soit de donner une réalité
matérielle à une hypothèse, soit de l’infirmer.
La validité d’une réponse à un problème
scientifique serait autant portée par l’expérience que
par la reproductibilité de cette dernière.

A ce stade la science produit de la connaissance "finie" ce
qui est incompatible avec le doute qui accompagne la posture critique
décrite précédemment. C’est ainsi que Popper
propose un attribut supplémentaire au concept de science : la
réfutabilité. Ce critère impose de dépasser
le caractère vérifiable d’une connaissance. Une
hypothèse doit pouvoir être réfutée par
l’expérience. La certitude en science tient en l’invalidité
d’une proposition. La science est donc une quête inachevée.
Une connaissance scientifique est celle qui se révèle
la plus vraie à un moment donné. Cette posture prise
par Popper est contraignante certes, mais implique à la
science de se vérifier elle même et d’étendre son
champ de projection parce que toute connaissance n’est jamais finie.

Unifier l’ensemble des définitions semble ardu car la vision
poppérienne n’est pas admise par toute la communauté.
Toutefois nous choisirons le cadre sémantique poppérien
pour asseoir ce travail sur les représentations.

Avant de s’attacher à constituer le cadre théorique des
représentations, il convient de préciser le passage de
la science aux sciences et de préciser aussi les courants
épistémologiques de pensées scientifiques.

La multiplicité des champs d’investigation de la science et de
ses objets l’ont conduit à se spécialiser en
disciplines. Ainsi la "spéciation" de la science en
sciences a pu s’opérer. Les sciences qui nous intéressent
présentement, sont celles de la vie et de la terre ainsi que
la physique. Bien d’autres disciplines nées à la
croisée des champs disciplinaires historiques existent, mais
elles ne sont pas enseignées dans le primaire.

Les paragraphes précédents ont montré que malgré
la difficulté de trouver une définition unique de la
science et par la même des sciences, il se dégage un
système appelé démarche ou méthode qui
produit des savoirs réfutables. La méthode
scientifique s’appuie sur deux pôles que sont le raisonnement
et l’expérimentation. Le triptyque, savoir –
raisonnement –expérimentation constitue un système
d’interactions qui selon les courants épistémologiques,
est envisagé de différente manières. Nous
proposons un rapide tour d’horizon de ces divers courants parce
qu’ils éclairent les pratiques de classe en sciences par le
biais ou non des instructions officielles.



[1DUMERY Henry, Sciences – introduction, Encyclopædia Universalis,(DVDROM), 2004

[2Robert, page 2051, 1995

[3LADRIERE Jean, SCIENCES - Sciences et discours rationnel, Encyclopædia Universalis,(DVDROM), 2004.


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